Par Mben, le 21/07/2008 à 23:45.
Le forum des usages usages coopératifs est un « carrefour d'échange des pratiques et des projets des acteurs-ice-s de l'internet et du multimédia impliqué-e-s autour de l'accès public, de la politique de la ville, des médias et cultures numériques, des collectivités publiques, de l'économie sociale, des observatoires d'usages, de l'éducation ». Biennale, la manifestation est à l'initiative de la ville de Brest et prend place dans le cadre des Etés TIC de la région Bretagne. Elle est soutenue par le Ministère de la culture et de la communication et de la Délégation aux Usages de l'internet et est co-organisée avec d'autres structures comme le laboratoire des usages Marsouin, Mégalis, Télécom Bretagne, la FING, la ville de Rennes, Artesi, la Meito, Créatif, la DRJS de Bretagne, la Fédération des vidéos de quartier et de pays, des acteurs de l'Economie Sociale et Solidaire, le Fourneau (et sûrement d'autres).
C'est sous la double casquette Framasoft/VVL que je me suis rendu à l'édition 2008, troisième du nom, qui se tenait du 8 au 11 juillet 2008 — j'en profite au passage pour remercier la ville de Brest ainsi que Michel Briand et Frédéric Bergot pour leur invitation. C'est pas moins de 375 participants/acteurs de toute origine[1] qui ont échangé durant ces trois jours[2]
Cet événement gagne réellement à être connu tant pour la qualité de ses intervenants que pour son organisation exemplaire. C'est par ailleurs intéressant de noter que nombre de sujets connexes aux logiciels/créations libres étaient ici envisagés sous l'angle du collaboratif — très proches, tout en restant différents et complémentaires[3]. Néanmoins, la symbiose entre les deux écosystèmes ne se dévoile que très doucement, et seule la multiplication des échanges finira de les rapprocher.
Par ailleurs, contrairement à bon nombre d'événement où les visiteurs peuvent être assimilés à des touristes, la quasi-totalité des personnes présentes représentée une structure active dans le domaine et l'événement a été riche en rencontres et connaissances. Je pense pour ma part à Wikimedia France bien sûr[4], M@rsouin, DEFIS, WikiBrest, Tela Botanica (le réseau de la botanique francophone), Outils réseaux[5], territoires sonores et j'en oublie.
Last but not least, il ne faut pas oublier que cet événement et toutes les initiatives rattachées aux logiciels libres sont incontestablement liés à une volonté forte de la région et, plus particulièrement, d'un individu, Michel Briand : un grand grand merci tant à la région qu'à Michel pour tous les efforts déployés !
Notes
[1] Voir la liste.
[2] contre 280 en 2004 et 320 en 2006 !
[3] Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si un certain nombre des participants était la semaine précédente aux RMLL.
[4] Notamment Sebastien et Jean-François.
[5] L'association a pour objectifs d'initier et d'accompagner les pratiques coopératives, en s'appuyant sur des outils Internet. Ils devraient intervenir lors de PCL 2008 en septembre.
On peut retrouver les conférences des plénières en ligne : Hervé Le Crosnier[1], Jean-Michel Cornu et Dominique Moulon.
Toujours dans le même esprit, vous pouvez retrouver une compilation de notes, photographies et même suivre les retours et impressions des multiples participants.
Vous trouverez enfin ci-après mes quelques-unes de mes notes prises lors d'ateliers ou tables rondes :
Révéler l’hyperlocal
Animée par Hubert Guillaud et avec Eric de clocal[2].
Internet détruit les frontières et construit des ponts entre des cultures et personnes qui n'auraient jamais autant échangé. Approfondissant une problématique toute différente, deux interventions brillantes et très documentées ont permis de mettre en évidence l'intérêt du web local et son mode de fonctionnement[3].
Quelques éléments clés :
- l'Hyperlocal : quand tout est informatisé/localisé, toutes les pratiques numériques peuvent être Géolocalisation (Nokia prévoit que 50% de ses terminaux implémenteront cette technologie en 2010).
- Les communications locales diminuent : nos échanges seront-ils encore locaux dans notre réseau mondial ? Le local est-il encore un bon territoire à interroger ? Les bibliothèques en ligne doivent elles uniquement servir les citoyens de leur territoire (ou peuvent-elles être utiles au-delà de leur territoire) ?
- Quelques questions : Est-ce que l'on s'envoie des mails entre voisins ? Combien de temps passe-t-on sur les recherches locales ?
Le constat est finalement sans appel : nous ne voyons pas le local depuis nos ordinateurs.
On remarque enfin qu'il n'y a que très peu de sites qui s'intéressent à cette question[4], même si quelques villes où régions font office d'exemple : Grand Grenoble ; Brest (notamment Wiki-Brest) et si le nombre de sites par région n'est pas proportionnel aux nombres d'habitants[5]
Une proposition/suggestion d'actions pour lancer des sites locaux : organiser de grand concours des sites web de la région (ex. Nord-Pas-de-Calais), afin de collecter une base importante de sites et lancer une synergie.
QUI S'EN OCCUPE ?
C'est une vraie (bonne) question qu'il convient de se poser, avec en tête la comparaison entre Google Maps et les cartes de l'IGN : alors que celles de l'IGN peuvent être 200 fois plus précises que celles de Google Maps, ces dernières sont néanmoins beaucoup plus utilisées.
RENDRE VISIBLE DANS LA VIE/VILLE CE QUI EXISTE DANS LE NUMÉRIQUE
L'idée est de mettre en place une signalétique qui correspond au parallèle numérique : par exemple, mettre des marqueurs wifi dans les zones desservit de sorte que l'utilisateur puisse le savoir par un autre biais que son ordinateur.
PANORAMA DES PRINCIPAUX SITES LOCAUX
De nombreux liens et références ont ensuite suivi afin de présenter différentes initiatives afférentes au local par disciplines (notamment géolocalisation Commerce de proximité, sortie, etc.).
Une remarque : les sites se sont aujourd'hui rendu compte qu'il fallait passer par des alliances. Par ailleurs, la croissance de la recherche locale croit 3 fois plus vite que la recherche classique et, en 2012, le marché de la publicité locale sur Internet sera le même que la publicité classique sur le même média.
Carrefour des possibles (ed 51)
Nous avons pu assister à la 51e édition du carrefour des possibles, au Quartz[6].
L'ensemble des initiatives présentées étaient vraiment intéressantes[7] (j'ai de mon côté particulièrement accroché avec territoires sonores[8] et Blue Rennes[9]).
La FING a aussi mis l'accent sur la très forte présence de la région de Brest — précisant d'ailleurs que la Bretagne en général est un pôle vraiment important pour ces carrefours des possibles.
Atelier mediawiki
Merci à Sebastien pour sa présentation de mediawiki et sa patience dans les explications. Le wiki de VVL devrait s'en trouver enrichi dès que possible.
Quelques éléments utiles (au moins pour VVL) :
- la fonction « expand template » : elle permet de me retrouver tout le code nécessaire à une modèle/template (alors que pour la plupart de ceux présents sur Wikipedia, les modèles ne se suffisent pas à eux-mêmes et doivent généralement être récupéré avec tout un tas d'autres auxquels ils sont liés[10]).
- la méthode à utiliser pour pouvoir utiliser des images/contenus extérieures au site
- les éléments pour la customisation du mediawiki (notamment comment ajouter des boutons) : MediaWiki:Common.css, MediaWiki:Monobook.css, MediaWiki:Monobook.js et MediaWiki:Common.js
- quant aux extensions extensions[11] :
- spam
- fsk editor (éditeur wysiwyg)
- cite (remarque : on peut choisir les groupes pour chaque type de référence/note de bas de page)
- nuke : pour supprimer des pages en masse
- rename user
- image map (faire un lien sur l'image et non afficher l'image)
- new user log : liste de tous les nouveaux utilisateurs (dès création d'un nouveau compte)
- video et son :
- ogg ongler
- you tube et daily motion
- PDF
- lire le PDF comme une image
- export en PDF :
- wikiPDF
- PDF export
- PDF Book (permet de faire une extract pour toute une catégorie[12]
- Pour internationaliser le wiki :http://www.dogmazic.net/i
- il faut installer un wiki par sous domaine (en.vvl, de.vvl, etc.)
- utiliser une syntaxe spécifique dans la page [en:Main Page]
Création Collaborative
C'était là un atelier, animé par Laurent d'Outils réseaux, très intéressant, car axé sur une comparaison des méthodes/outils utilisés pour communiqué. Ce qui a permis d'envisager quelques « best practices » ou simplement se poser la question de la pertinence de certaines méthodes.
Il s'agit de questions cruciales, que toutes les structures sont amenées à se poser à un moment où un autre, à savoir : comment mieux travailler ensemble ? C' est notamment une discussion récurrente que ce soit chez VVL ou chez Framasoft[13].
J'avais fait une petite synthèse des outils utilisés dans les associations connues (dont VVL, donc) et je vais simplement en détailler deux ici[14] :
- Veni, Vidi, Libri
- les discussions au sein de l'association se font principalement dans les sections privées dédiées sur le forum ;
- quelques rencontres virtuelles s'organisent via jabber/skype/etc. (toute l'association n'a d'ailleurs encore jamais était réunie physiquement au grand complet) ;
- le wiki permet d'élaborer les contenus particuliers (interview, etc.) ;
- on a un outil pour partager les fichiers (mais on fonctionne au final plus par FTP) ;
- les discussions avec tiers à l'association se font via mail, puis souvent sur le forum (avec création de topics privés dédiés — notamment ce qui se passe lorsque l'on nous propose un développeur à contacter) ;
- l'usage des mailings listes est réservé au groupe de travail « indépendant » ;
- on est à la recherche d'un gestionnaire de tâche suffisamment simple à utiliser et qui permette d'avoir une visibilité sur la liste des tâches de chacun (ce qui est fait et ce qu'il reste à faire) ;
- Framasoft
- la particularité de l'association est que le nombre d'adhérents est relativement faible, mais que la communauté/les utilisateurs actifs ont finalement autant de poids ;
- l'Annuaire de logiciel libre est géré par une combinaison Wiki et SPIP (et devrait prochainement passer sous drupal), avec un groupe de travail dédié ;
- la tribune libre est sous SPIP (mais peu d'articles sont volontairement proposés) ;
- la gestion de l'association se fait :
- principalement sur le forum (avec de très nombreux topics privés) — les todolist aussi sont partagées sur le forum ;
- il y a des mailing-lists, réservées aux urgences ;
- des adresses particulières et un mail commun géré par tous (merci à l'IMAP) ;
- Outils et communauté :
- IRC (indépendant de l'asso) ;
- le forum (que l'on modère) ;
- le Framablog : outil de communication ;
- Compte Web 2.0 dans divers autres sites : FlickR ; Spreedshirt ; etc. ;
- la constitution de groupes de travail :
- principalement par forum (Framakey) ;
- principalement par ML (Framabook) ;
- combinaison d'outils (Wiki et ML pour Framalang).
Conclusion
Ce forum est un vrai succès dans son genre. Le prochain se tiendra donc en 2010 et je pense que nombre de projets afférents au Libre gagneraient à s'y rendre[15] !
J'ajouterais pour ceux qui ont le pied marin que les quelques jours qui suivirent autour de Brest 2008 furent eux aussi mémorables (mais je m'éloigne)...
L'emploi du temps fait que les billets sont plus rares, mais prochainement : l'intervention de septembre au PUCA ; la réaction au rapport de la commission des œuvres orphelines du CSPLA.
Notes
[1] Toujours aussi pertinent et bon orateur.
[2] J'ai eu l'occasion de faire sa connaissance et d'apprécier ses connaissances et son analyse de l'écosystème du web local
[3] J'ai pour ma part été convaincu par leur analyse.
[4] Mais c'est aussi une histoire de génération : qui s'intéresse au skyblog des adolescents de sa ville ? A été donné l'exemple de Roman-sur-Isères : sur 40 000 hab, il y a plus de 1200 blogs d'adolescents de plus de 16 ans (on peut éventuellement ajouter 1000 pour les moins de 16 ans).
[5] Il n'existe pas de cartographie des sites locaux (de la fréquentation des sites locaux par territoire), mais on sait que la répartition est inégale et non proportionnelle : Montpellier est par exemple bien plus important que Marseille ou Aix en Provence en nombre de sites.
[6] de mémoire...
[7] Sans être exhaustif, il y avait notamment BZH NEtwork , Onvaou, Monpatissier, OZ@LIT, Ogust , Mapalette, Numeri+, La ruche, Weem, Dot red.
[8] Des enregistrements/témoignages recueillis auprès des habitants de la région et mis à disposition pour être écouter dans les balades au coeur de ce territoire.
[9] L'installation d'un réseau bluetooth initié et soutenu par la mairie de Rennes, afin de rendre accessibles des informations utiles et du contenu culturel. Une initiative notable en ce que la collectivité prend en charge un vecteur de diffusion d'information et de contenu avant que des intérêts privés n'investissent de leur côté.
[10] En pratique, c'est-à-dire des heures de copier-coller épargnées.
[11] que l'on retrouve ici.
[12] Par exemple la catégorie « licences »...
[13] Pyg, si tu me lis ^_^.
[14] Les autres exemples — ou dont j'ai au moins gardé trace — étaient notamment Dogmazic, Libre accès, Copyleft attitude, etc.
[15] L'événement est pour ma part dès à présent dans l'agenda.