Perspective critique

Je vais revenir sur mon article de la semaine dernière pour repréciser l’objet de ce billet aux défenseurs de panda roux qui ont laissé des commentaires.

J’essayais d’aller plus loin que l’analyse de mes confrères blogueurs sur l’analyse de l’avenir plus ou moins radieux de Firefox en notant principalement que par manque de concurrence, les développeurs web n’allaient bientôt ne tester que sur Chrome utilisé par la quasi-totalité des utilisateurs. Je donnais pour exemple le site de demande de carte de transport de mon agglo pour lequel je n’ai pas eu d’autre solution que de passer par Chrome (j’avais oublié de préciser que le standard téléphonique d’assistance sonnait dans le vide).

La plupart des commentaires sont repartis sur le sempiternel argument de la performance pas si mauvaise (voire meilleure) de Firefox. Où ai-je écrit que Firefox était moins bon ? J’ai juste dit que c’était un des arguments de ceux qui passaient à Chrome, ce qui n’est pas mon cas, et j’ai bien précisé que ce n’était pas la priorité pour moi, qui est d’abord le respect de ma vie privée et la possibilité de me laisser régler le maximum de paramètres comme je l’entends en plus que ce soit libre bien évidemment.

Et donc dans son dernier commentaire, Tranche m’invite à installer la dernière version de Firefox et faire remonter ce qui ne fonctionne pas à l’équipe. Encore une fois, je n’ai pas déploré le fait que le navigateur soit (plus) mauvais (qu’un autre), mais qu’il arrivait que des sites ne fonctionnent pas. Sachant que tester ou remonter des informations ne seront jamais des actions faites par la plupart des utilisateurs qui iront sans poser de question sur l’outil qui marche (même s’il bouffe des données à tous les repas), j’ai téléchargé la dernière version en nigthly (57) dont on nous annonce qu’elle pulvérisera tout sur son chemin.

J’ai d’abord voulu reprendre la version que j’utilise (52ESR) afin de voir où ça bloquait et faire le test en parallèle. Oh, surprise, depuis la dernière fois le site a été corrigé et fonctionne (faut croire qu’il y a quand même encore quelques utilisateurs de Firefox et que l’anomalie a pu être remontée un jour où l’assistance n’était pas en vacances). Cela confirme mes dires et craintes : le jour où Firefox ne sera plus assez utilisé, les sites ne seront plus tous compatibles, ce qui est problématique lorsque les démarches sur internet deviennent obligatoires.

Mais revenons à la Nightly build dont Tranche me dit que l’utiliser, c’est l’adopter, et qu’une nouvelle version toutes les six semaines, c’est merveilleux pour la dynamique d’un projet et sa sécurité. Il faut préciser ici que je suis convaincu par Debian Stable (même si d’autres choix sont respectables) parce que je veux que mon outil de travail fonctionne sans modification (qui sont parfois mieux mais aussi moins bien quand ça ne marche plus) pendant au moins un an. Pour les mêmes raisons, j’utilise donc la version ESR de Firefox.

Autant je n’ai rien contre les mises à jour de sécurité que j’applique aussi rapidement que possible (et qui s’appliquent aussi sur les outils stables), autant changer un truc de droite à gauche pour qu’il passe ensuite au milieu et revienne finalement à droite, ça me gonfle. Et là, comme par magie, on retrouve du Firefox au look d’avant Australis avec les onglets carrés. Perso, je m’en fous un peu, ça ne changera rien à ma navigation, mais il y a quand même des gens très intelligents qui disent à un moment qu’il faut tout faire pour ressembler à Chrome et quelque temps plus tard, que c’est quand même mieux de garder son identité.

2 pas en avant, 1 pas en arrière, ça ne m’intéresse pas. Je veux un truc constant auquel on n’a pas à se réhabituer en permanence et surtout qui ne me casse pas les outils dont j’ai besoin (une bonne moitié des quelques modules que j’utilise non compatibles avec le multi-processus, ça va faire mal dans les chaumières). Si je décide de passer à une version supérieure (que ce soit de distro, de bureau ou de navigateur), c’est parce que je sais ce qui m’attend, il y a bien sûr toujours des améliorations, des gains de performances ou d’ergonomie mais aussi des choses qui vont changer et d’autres qui ne vont plus marcher et qu’il faudra remplacer. Pour cela, je veux être préparé, avoir testé et décider l’upgrade quand je suis prêt.

Revenons quand même à la fin des commentaires. Comme j’intitulais mon billet “Dans le doute, abstiens-toi” (sous entendu, dans le doute que Firefox ne soit pas à la hauteur, abstiens-toi de lui planter un coup de couteau dans le dos), on me dit que dans ma grande ignorance technique de ce qu’il y a sous le capot, je ferais mieux aussi de m’abstenir. Une forme de tagglisation qu’aurait apprécié Cyrille à qui je dédie ce billet parce qu’il vient à nouveau de suicider son blog sous la pression d’une trop grande audience. Donc si on avait un moteur de course monté sur une voiture mal finie ou dont les options seraient incohérentes, en tant que conducteur, on n’aurait qu’à la fermer parce qu’on ne sait pas apprécier ce qu’il y a sous le capot. Soit.

Ce qui me gêne ici, et quelques autres partageront mon avis, c’est que l’on n’a pas le droit de critiquer le libre (et j’entends ici, la critique en tant qu’analyse des points positifs et négatifs, pas du bashing). De tout mon article, je ne cesse de répéter, qu’hors de Firefox, point de salut mais que Mozilla fait parfois des erreurs et c’est tout juste si je ne suis pas un traître à la cause qui fait plus de mal que de bien.

Vus : 332
Publié par alterlibriste : 137