Pouetons donc

Ça ne surprendra pas grand monde de me voir débarquer sur le réseau social qui fait le buzz en ce moment : Mastondon. J’ai suivi les premiers jours avec étonnement en me demandant quand donc l’engouement allé retomber. À vrai dire la multiplication des articles ne s’est pas essoufflée. Il y a longtemps que l’on n’avait pas vu la blogosphère libriste s’enflammer ainsi.

Le prix de Mastodon

Je reste cependant sceptique sur la capacité du réseau à dépasser un poids lourd comme Twitter. Les freins sont nombreux et celui du prix se chargera probablement de limiter son expansion ou de changer sa nature. J’ai l’habitude de dire que le logiciel libre n’est pas gratuit. Il a un prix. Celui pour le développer, celui pour l’utiliser, celui pour le maintenir à jour.

Si le développement et la maintenance du logiciel semblent assurés pour l’instant, celui de l’utilisation est pour l’instant encore peu problématique. Les principaux fournisseurs de services « associatifs » ont déjà œuvré et proposent la possibilité de créer un compte gratuit. Mais de ce dont j’ai compris une instance Mastodon, cela consomme quelques ressources…

Si jamais le succès continu de s’amplifier, le réseau va voir arriver une foule d’utilisateurs habitués au gratuit et qui ne paieront même pas une malheureuse cotisation de quelques euros par an pour disposer d’un compte. Les instances gratuites se verront vite obligées de limiter le nombre d’utilisateurs. Ces utilisateurs feront demi-tour ou bien se tourneront vers des instances reproduisant les modèles économiques « traditionnels » de la gratuité en échange de vos données personnelles et de publicités.

J’imagine déjà les fils des comptes de ses instances alimentés en publicité se propageant dans le réseau. Il est à peu près certain que Mastodon ne pourra dépasser un Twitter qu’à ce prix sauf miracle. Ceci changera probablement la nature du réseau et son contenu tel qu’il peut être perçu à ce jour par ses utilisateurs.

À ce stade, il y a peut-être un marché pour des instances Mastodon payantes pour des professionnels qui voudront s’assurer disponibilité et qualité de services. Pour cela, il faudra qu’elles y voient un enjeu commercial de présence sur le réseau et donc une masse critique d’utilisateurs potentiellement approchables.

Mastodon, le logiciel

Maintenant que j’ai fait mon passage grognon, passons aux bonnes nouvelles. Tout d’abord, la bonne idée de Mastodon c’est de ne pas avoir réinventé la roue en matière de protocole de communication. Il est en effet compatible avec GNU Social et d’une manière plus large avec les réseaux sociaux compatibles avec OStatus.

Cela me ramène plusieurs années en arrière avec la première tentative de réseau social distribué StatusNet. Une belle aventure qui se termina aussi en « pouet » si j’ose dire.

L’interface est également familière pour des utilisateurs qui comme moi utilisent TweetDeck. Deuxième très bon choix, les 500 caractères qui permettent enfin de discuter réellement et qui peut-être feront la différence avec la « brutalité » d’un Twitter.

Mon instance

Je ne me voyais pas intégrer ce réseau en ouvrant un compte sur un serveur existant. J’avais vu le très complet tutoriel d’Angristan et j’ai profité d’une soirée de répits pour me lancer dans l’installation. Pour être franc, c’est le genre d’installation que je fais sans vraiment comprendre tout. Les composants techniques de Mastodon me sont pour la plupart inconnus ou très peu familiers. Mais bon après quelques jurons, retour arrière, bidouille à droite à gauche j’obtiens enfin l’accès à l’interface de mon instance pour créer mon compte.

À l’heure où j’écris ce billet, j’ai encore un gros souci, personne ne voit mes Pouet. Ce qui est plutôt dommage 🙂 ! Si je notifie une personne directement, elle reçoit bien le message. J’imagine que les deux processus ne passent pas par les mêmes « tuyaux » d’OStatus. La notification devant être un « push » alors que la visibilité de mes pouet un « pull » des instances de mes abonnés.

Par contre, j’ai bien les flux des utilisateurs auxquels je me suis inscrit. Il faut préciser que mon instance Mastodon est sur une machine virtuelle positionnée derrière un proxy web Nginx. Je suppose que ma problématique repose sur cette particularité, même si dans les logs pour l’instant rien ne vient me donner de piste si ce n’est une erreur 401 quand mon navigateur appelle l’api. Cela doit expliquer le fait que ma timeline ne se rafraîchit pas automatiquement.

Vous pouvez donc à minima me suivre sur https://mastodon.scoffoni.net/@pscoffoni ,mais pour l’instant je risque d’être bien silencieux 🙂

Quant à Mastodon, souhaitons-lui de réussir là ou ces prédécesseurs ont échoué et tentons l’aventure, on ne sait jamais…


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Article original écrit par Philippe Scoffoni le 16/04/2017. | Lien direct vers cet article

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