Votre intimité sur la place publique pour faire plus de business ? Merci Google, merci Facebook !

Afin de mieux cerner vos besoins, votre capacité d’emprunt et de remboursement, les établissements bancaires établissent un profilage selon les renseignements qu’ils ont le droit de vous demander. Ce profilage se base sur votre age, vos revenus et votre situation professionnelle. Les banques ensuite valident ou invalident la demande de prêts. Les banques sont frileuses quand il s’agit de prêter de l’argent.

Afin de limiter les risques et d’optimiser leurs revenus, il est tout à fait envisageable qu’une banque ou un assureur tente d’accéder à vos informations privées : un banquier peut regarder discrètement votre profil Linkedin et en tirer la conclusion que votre vie professionnelle est stable ou instable et cela influencera sa décision finale. Cela peut être le cas avec vos profils Facebook ou Twitter. J’imagine que le moteur de recherches Google est un passage obligé pour « googler » quelqu’un. Tout cela se fait dans le dos du client, en cataminie, sans aspect officiel.

Peut être verrons nous dans un futur proche une demande officielle d’accès à vos profils sur les réseaux sociaux. Sans accord de votre part pour se faire scruter, une banque pourra refuser de vous accorder ou non son soutien pour votre projet de financement d’entreprise ou d’achat de biens.

L’histoire pourrait s’arrêter là.

Sauf que si cet établissement bancaire a un jour un partenariat avec Google ou Facebook, votre avis ne sera pas sollicité. Ou si eux-mêmes proposaient de devenir une banque. Vous n’aurez pas besoin de donner votre accord car vous l’aurez déjà fait auprès de Gmail ou Facebook par exemple. Car oui, personne ne lit les conditions générales d’utilisation, mais tout le monde coche la case en bas de page pour acceder au service « gratuit ». Et les conditions générales d’utilisation sont à peu près de la sorte : tout ce que je fais/clique/raconte/montre à travers votre plate-forme n’est plus à moi mais à vous. Dès cet instant, vous travaillez pour cette corporation.

Actuellement, Google, Facebook se paient 2 fois sur votre dos :

– une première fois en collectant vos données et en les revendant via leurs régies publicitaires. Google fait mieux et plus vite dans ce domaine, son premier objet est mensonger : ce n’est pas un moteur de recherche ou un fournisseur de messagerie mais un accumulateur, un aspirateur et un vendeur de données privées, vos données.

– en deuxième fois en vous soumettant à de la publicité ciblée lors de l’utilisation de leurs pages : sur la timeline Facebook, dans l’email Google, pendant une recherche Google… etc.

Et la nouveauté pourrait aller encore plus loin.

– et une troisieme fois et là, c’est le nouveau bonus : en vendant aux multinationales intéressées la consultation de vos profils et/ou de vos données intimes. Assurances, banques, et investisseurs financiers pourraient vérifier votre mode de vie. Est-il compatible avec un prêt bancaire, une assurance vie ? Faut-il augmenter vos mensualités parce que vous êtes considérés à rique ou hors parcours classique ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un parcours classique ? D’autres voulant s’assurer de recruter le meilleur candidat pour une offre d’emploi pourraient également se lancer dans la consultation de vos donnes privées issues de la pêche à large spectre des serveurs Google et Facebook, de la lecture de vos emails, de vos fichiers stockés en ligne pourquoi pas ? Ces données pourront bien sur déterminer votre orientation sexuelle, religieuse ou amoureuse.

Ou encore une administration locale ou étrangère étranger pourrait vérifier des détails précis vous concernant : Ou vivez-vous ? Avec qui ? Ou êtes-vous allé en vacances récemment ? Quelle est votre activité professionnelle ? Avez-vous une activité associative, politique ou syndicale ?

Ce 3eme point pourrait bien exploser avec la multiplication des objets connectes : voitures, montres, frigo… Cela donnera encore plus d’informations sur ce que vous êtes. Dans un premier temps, on vous proposera des rabais pour de nombreux services connectés. Ce sera bien un attrape-nigaud. Car pour lancer et dominer un nouveau marché, il fut attirer les clients avec de beaux services avantageux et des rabais. Une fois les clients captifs, alors les prix monteront ou le service rendu ne sera pas à la hauteur. Votre assurance vie pourra augmenter si vous ne faites pas de sport ou si votre régime alimentaire n’est pas assez équilibré au gout de votre assureur. D’ailleurs cette assureur aura peut être un partenariat avec une entreprise agroalimentaire (ou fera partie du même cartel actionnarial) et vous poussera à consommer ces produits là. Bref, l’intrusion dans la vie privée sera sans fin avec l’ensemble des appareils connectés et la rapacité des multinationales.

Je pense que Black Mirror pourrait écrire un épisode très reussi sur les effets potentiellement néfastes de l’utilisation permanente de nos donnes privées par les multinationales pour nous dresser et nous animer comme des marionnettes, un peu a l’image de l’épisode intitulé Chute Libre sur l’effet des Likes comme niveau de revenu et statut social.

A méditer.

 

  • Damien
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