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ZitrouilleAujourd’hui, un billet dédié à une application originale qui va vous permettre d’utiliser votre téléphone Android comme télécommande pour AmaroK, Banshee, Dragon Player, Exaile, Kaffeine, MPD, Rhythmbox, Songbird, Totem ou encore VLC.
Tesla est une application open-source pour les smartphones Android. Conçue pour Ubuntu et les autres distributions Linux, elle permet d’interagir avec le lecteur de musique de votre pc via une connection WIFI.

L’application est d’une facilité d’utilisation déconcertante, et propose parmi ses fonctionnalités :
Sur votre Ubuntu, il vous faut installer le paquet openssh-server ; depuis votre smartphone, installer Tesla puis saisissez vos informations d’identification : adresse ip de votre pc, nom d’utilisateur et mot de passe. Votre lecteur audio est alors automatiquement lancé…
Avec Tesla, on regrettera l’absence des modes Shuffle et Repeat et la rotation en mode horizontal qui ne se fait pas. La recherche dans la collection musicale semble poser problème.
Cette solution -sous licence GPLv3- est constituée de deux parties : un plugin pour votre lecteur audio Banshee et une application à installer sur le smartphone.

Les modes Shuffle et Repeat sont bien pris en compte, l’interface très simple d’utilisation. La réactivité des commandes est immédiate. Il faudra par contre démarrer le lecteur audio manuellement.
Banshee : l’extension Remote Listener
Le principe est simple : télécharger l’extension et la déposer dans le dossier qui va bien.
wget http://www.dartmouth.edu/~nstamato/BansheeRemoteListener.dll
sudo mv BansheeRemoteListener.dll /usr/lib/banshee-1/Extensions/
Puis activer l’extension Remote Listener à partir du menu Edition > Préférences.
Installation de Banshee Remote depuis le market
Il suffit de vous rendre sur le market et de rechercher Banshee Remote, ou d’utiliser le QR Code suivant :

On regretta avec cette solution le manque d’options telles que la recherche de titres, la personnalisation du nom du serveur…
À noter que l’application Banshee Remote fonctionne également avec Rhythmbox grace à ce plugin mais les fonctions Shuffle et Repeat disparaissent car Rhythmbox n’autorise pas leur contrôle via dbus.
Au final, ces deux logiciels apparaissent complémentaires. Tesla propose plusieurs options intéressantes tandis que Banshee Remote se veut volontairement très épuré. Gageons que l’ouverture de leur code source leur permettra d’évoluer rapidement…
Petit souci du jour : utiliser sftp en ligne de commande, avec un mot de passe, en mode batch, MAIS sans passer par une authentification par clef. Sachant que sftp n’accepte pas de mot de passe en ligne de commande (ni via une redirection depuis STDIN).
Pourquoi donc me direz-vous ? simplement parce-que dans l’éventualité où faire bouger le prestataire en face de vous (celui qui héberge le serveur SSH) coûterait trop d’énergie, on va supposer qu’on ne peut pas facilement faire avaler notre clef publique à l’hébergeur du serveur SSH.
Bref, la commande traditionnelle est :
sftp utilisateur@serveur Connecting to serveur... utilisateur@serveur's password: sftp>
J’ai trouvé une méthode simple : utiliser le client SFTP de “PuTTY”.
Je pensais au départ utiliser celui de “lftp” et sauvegarder ma connexion (avec mot de passe) en bookmark, mais comme mon login dans l’histoire est un utilisateur de domaine windows (ouais, le serveur SSH en face est sous windows O_o), y’a un \ dans le login et même en le doublant, lftp semble mal le digérer, ben j’étais aussi bloqué.
Bref, en installant les outils de PuTTY :
aptitude install putty-tools
On peut alors taper :
psftp -pw mon_pass utilisateur@serveur Using username "utilisateur". Remote working directory is / psftp>
Attention : le mot de passe est en clair dans la ligne de commande, donc dans les processus etc etc. Donc c’est pas idéal comme condition.
Enfin, je n’ai pas mis le paramètre -b pour mon batch, car ce n’est pas le propos là.
Fin des années 80, début des années 90, bien avant l’avènement de Lara Croft, Rick Dangerous était l’Indiana Jones des jeux sur ordinateur, fuir devant des pierres qui roulent, en évitant les pièges, de l’Amérique du Sud en passant par une base de lance missiles futuriste via l’Egypte ou encore le château Schwarzendumpf, tel étaient les lieux ou les péripéties de Rick se déroulaient.
C’est un jeu d’un autre temps tout fun et qui pour tout dire fait bien marrer ma fille de 6 mois quand je joue avec. Alors, si vous avez des enfants pour les calmer n’hésitez-pas et si vous n’en avez pas, alors il vous fera passer un bon moment sans prise de tête.
Pour les gens qui sont sur current, xrick est présent dans le dépôt. Pour les utilisateurs qui sont sur une version stable 1.2 ou 1.3, la commande suivante vous permettra de l’installer.
# pacman -U http://www.cedynamix.fr/Downloads/xrick-021212-2-i686.fpm
Amusez-vous bien.
Ce blog n’est pas particulièrement actif ces derniers temps comme vous pouvez le remarquer. Surement une petite baisse de motivation de ma part mais également les vacances. Aujourd’hui ce sera donc un petit article simple mais efficace.
En Avril, j’avais écrit un petit billet sur la génération de certificats OpenVPN par lots ce qui est bien pratique lorsqu’on doit en générer une quantité importante. J’ai à nouveau rencontré cette problématique mais dans un contexte légèrement différent. Sous Ubuntu Server 10.04, le jeu d’outils Easy-RSA d’OpenVPN n’utilisent plus OpenSSL directement mais utilisent pkitool qui ne semble être qu’un intermédiaire de simplification.
Du coup, le script donné précédemment n’est plus valable. Il a donc fallu trouver une parade assez simple mais non moins fonctionnelle. La solution adaptée à pkitool ne tient plus qu’en un seul script qui est le suivant.
#! /bin/bash# Make a certificate/private key pair using a locally generated# root certificate.export EASY_RSA= »`pwd` »export OPENSSL= »openssl »export PKCS11TOOL= »pkcs11-tool »export GREP= »grep »export KEY_CONFIG=`$EASY_RSA/whichopensslcnf $EASY_RSA`export KEY_DIR= »$EASY_RSA/keys »export PKCS11_PIN= »dummy »export KEY_SIZE=1024export CA_EXPIRE=3650export KEY_EXPIRE=3650export KEY_COUNTRY= »FR »export KEY_PROVINCE= »FR »export KEY_CITY= »Paris »export KEY_ORG= »Antoine-Corp »export KEY_EMAIL= »me@myhost.mydomain »export KEY_CNAME=$1export EASY_RSA= »${EASY_RSA:-.} »« $EASY_RSA/pkitool » $*
Le tour est joué ! Vu que WordPress (ou plutôt de ces modules/thèmes) remplace les quotes par des guillemets impossibles à copier/coller dans un shell, je vous mets à disposition une version en texte brut jusqu’à ce que j’ai réussi à résoudre ce problème assez agaçant.
Au final, ce script devrait vous être utile pour générer rapidement des certifications OpenVPN à la pelle et ainsi vous simplifier la vie.
Korben et Numerama relaie la nouvelle : Valve ne désire pas encore porter steam sous Linux. Si les joueurs s’en plaindront légitimement, je trouve la nouvelle bonne pour l’open source en lui même. Je m’explique :
Steam est sans doute une des plus célèbres plateformes de jeux vidéos en ligne. Son catalogue est tout bonnement pharaonique. Ne pas vouloir se porter sous Linux s’explique facilement par le nombre de joueurs sous Linux encore trop faible par rapport à l’engagement financier en R&D que représente le développement pour une nouvelle plateforme. Après tout, Steam vient seulement d’être porté sur Mac! C’est donc la déception pour les gamers et une pierre de plus au maintien de l’hégémonie de Microsoft et Apple.
Pourtant, la nouvelle est bonne sous plusieurs aspects. Dans un premier temps, rappelons que philosophiquement Steam et les jeux Valve n’ont rien d’open source. De fait, une levé de bouclier aura nécessairement lieu si on commence à injecter du code propriétaire sur nos postes GNU/Linux. Canonical en sait quoi. De fait, en ne s’implantant pas sous GNU/Linux, Valve s’épargne bien des polémiques liées à sa politique logicielle. C’est ici un choix stratégique qui aura l’avantage de protéger son image et satisfaire les libéristes convaincus.
Ensuite, l’arrivée d’une plateforme telle que steam risquerait de porter un coup à divers initiatives de jeux vidéos open sources. Ceux-ci se verraient voler toute notoriété au profit d’une plateforme fermée. La mort de ces projets sera vraiment dommageable. Parmi ceux-ci, citons , par exemple O.A.D., clone open source de Age of Empire
ou encore Cube, fps basé sur le moteur quake.
Ces jeux open sources tentent de gagner petit à petit de la notoriété. Il est presqu’évident qu’elle serait perdu d’avance face au géant Valve. bien sûr, ces jeux sont bien en dessous, techniquement ou graphiquement, de leurs homologues propriétaires mais ils sont open sources.
Que les joueurs se rassurent PlayOnLinux, l’émulateur de jeux Windows basé sur Wine, saura vous apporter une expérience de jeux sous Linux. D’ailleurs les jeux portés sur Playonlinux sont chaque jours plus nombreux.
Du reste, je pense avoir été plus clair par ce développement : oui, ne pas porter steam sous Linux est décevant mais cela peut aussi être considéré comme une victoire ou un tremplin pour les logiciels (et le jeu) open sources. D’où ce titre Joueur 0 – open source 1.

Voilà, après deux semaines de coupure le blog de Nicolargo est de nouveau en ligne…
Retour en arrière le mercredi 11 août 2010. En congés depuis 2 semaines et comme tout les jours je profite de ma superbe connexion “Edge super bas débit” pour consulter mes mails depuis mon smartphone. J’apprend alors que mon blog a été hacké pendant la nuit (au passage, merci à tout les lecteurs pour vos message d’alertes, vous êtes encore plus rapide que Nagios
).
Je me retrouve dans la pire situation pour une webmaster: ne rien pouvoir faire… Pas de PC, pas de connexion Internet…
Le lendemain matin, iWeb (mon hébergeur au moment du hack) bloque mon compte pour d’évidentes raisons de sécurités… Le blog de Nicolargo n’existe plus sur la toile…
Je décide alors de laisser tomber l’affaire et d’attendre mon retour de congés pour intervenir. Pas envies de gâcher mes vacances à cause d’un hacker pré-pubère qui cible de manière aléatoire ses cibles. A l’heure actuelle, je ne sais pas si le hack vient de WordPress (j’ai pu laisser passer une mise à jour quand j’étais en congés) ou d’un plugin…
A mon retour (hier), voici les actions que j’ai menées:
Il me reste a surveiller la montée en charge du serveur en adaptant le nombre de part pour le blog si nécessaire (je suis pour l’instant sur 1 part avec 512 Mo de RAM).
Les impacts du hack ne sont pas négligeables, outre le stress et la perte de temps, je ne suis pour l’instant plus référencé dans Google (sic…), je perd donc 80% de mon trafic…
Mea culpa pour ma coupable négligence qui a surement pénaliser des lecteurs voulant trouver des informations sur le blog et encore merci à toute la communauté qui n’a pas hésité à proposer son aide via mon compte twitter.
A bientôt sur le blog pour de nouveaux billets !
PS: le nouveau thème est presque finalisé… Il devrait être disponible début septembre.
Je vous avais déja parlé il y a quelques temps de Picture Resizer, pour redimensionner ses images par lot sous Windows. Utile pour redimensionner toutes les images d’une galerie que l’on vient de télécharger de son APN. Je vous propose maintenant une méthode équivalente pour GNU/Linux (à dire vrai la méthode est pour Gnome).
Pour ce faire, on va utiliser un script sh créé par Matthieu de CreationGif. Celui-ci a besoin pour fonctionner de :
Autant dire qu’il sera opérationnel par défaut sur les dernières distributions équipées de Gnome (testé sans problème sur Ubuntu 10.04).
Installation
Pour mettre en place ce script, il vous faut télécharger cette archive et la décompresser dans le dossier ~/.gnome2/nautilus-scripts/.
La décompression peut être faite directement depuis le gestionnaire d’archive de Gnome :

Ou via la commande :
tar xzvf nis-0.8.tar.gz
Puis on copie le fichier nis dans le dossier nautilus-scripts. Pour plus de facilité, je conseil de renommer en suite le fichier en resize. A partir de là, l’installation est terminée.
Utilisation
A partir de là, l’utilisation de ce script est très simple. Il suffit de faire un clic droit>Script>Resize sur les images que l’on veut redimensionner. On peut choisir une ou plusieurs images.
Puis, on choisit, la taille voulue pour la (ou les) image(s) :

On valide et la (ou les) image(s), une copie redimensionnée des images est crée (avec status-bar) :

Voici, pour vous faire une idée :

Comme vous le constatez, la méthode est simple, rapide et efficace. C’est le genre de script qui dépanne particulièrement. Je l’utilise notamment pour redimensionner les lots de photos en grosses résolutions que me propose mon APN pour ensuite proposer des images en 800*600 pour Geek de France, résolution plus adaptée aux petits écrans (comme ceux des netbooks).
Bonjour,
Je vais vous apprendre dans ce tuto comment visiter un serveur SFTP. SFTP est installé d’office dans votre serveur SSH.
Vous pourrez grâce à ce tuto visiter un serveur, c’est-à-dire voir tout ces fichier et les modifier. Vous avez le serveur en accès lecture et écriture normalement.
Le logiciel qu’il vous faudra est WinSCP dans un premier temps. Il fonctionne uniquement sous Windows. Le prochain tuto vous apprendra comment le faire depuis n’importe quel OS.
Commencez par le télécharger :
http://winscp.net/download/winscp428setup.exe
Installez-le ensuite, il est en Français. N’installez pas RegistryBooster, c’est de la pub
.
Lancez ensuite WinSCP.
Dans le Nom d’hôte, mettez l’IP du serveur, le Nom d’utilisateur et le Mot de passe sont ceux de l’utilisateur du serveur.
Faites Connecter, un avertissement s’affiche :
Faites Oui, patientez pendant la connexion au serveur…
Une fois connecté, voici ce qui s’ouvre :
La connexion au serveur s’est bien effectuée, je vais maintenant vous expliquer rapidement comment vous servir de ce logiciel :
À gauche se situe votre PC, vous pouvez naviguer au sein de celui-ci sans problèmes, c’est très facile.
À droite se situe le serveur et sa structure de fichiers et dossiers, vous pouvez aussi naviguer dessus sans problèmes (le temps est plus long car il recherche tout par internet, c’est normal
). Lors d’un clic droit sur un fichier distant, vous voyez que vous pouvez l’éditer grâce à l’éditeur inclu, vous pouvez donc toucher à tout ce qui se trouve dans votre serveur.
Un glisser/déposer entre la droite et la gauche vous permet de télécharger ou d’uploader un fichier entre votre PC et le serveur.
Je vous laisse découvrir la suite, bon plaisir. A bientôt pour un autre tuto qui traitera de la même chose mais depuis l’OS de votre choix.
OpenSourceWay

Si j’ai demandé l’autorisation à son auteur d’exhumer et reproduire ici-même un de ses articles pourtant déjà vieux de presque dix ans, c’est parce qu’il touche à une notion simple mais essentielle : la confiance.
La grande chance, ou plutôt la grande force, du logiciel libre, et dans son sillage de toute la culture libre, c’est de bénéficier dès le départ d’un certain niveau de confiance.
Pourquoi ? Parce que la licence libre qui l’accompagne.
C’est cette mise sous licence libre qui non seulement donne son nom au logiciel libre mais qui, de par les garanties offertes, favorise l’émergence d’une communauté autour du projet et tisse des liens solides entres ses membres.
Cela ne constitue évidemment pas un gage absolu de succès (cf Comment détruire votre communauté en 10 leçons), mais c’est tout de même un sacré avantage lorsque l’on sait combien cette confiance peine à s’installer dans des structures plus « classiques ».
Le texte ci-dessous est de Jean-Yves Prax qui travaille à Polia Consulting, une société de conseil en Knowledge Management.
Il ne se focalise nullement sur le logiciel libre en tant que tel mais ne s’aventure pas non plus jusqu’à la relation amoureuse[1]. Il se limite ici « à une analyse de la confiance dans un environnement professionnel (même si cette limite ne supprime pas complètement les facteurs affectifs et moraux, loin s’en faut), et principalement dans le champ de l’action collective au sein d’une communauté : travail en équipe, partage de connaissance, mutualisation de compétence, décision collective, process… ».
Vous trouverez en bas de page une version PDF de l’article.
”Texte de la conférence faite par Jean-Yves Prax pour l’ouverture du KMForum 2001, le mardi 25 septembre 2001, au Palais des Congrès, Porte Maillot, Paris.
La confiance est un facteur déterminant de la performance collective et en particulier dans le cas des communautés virtuelles ou/et d’équipes dont la production est à forte intensité immatérielle. Même si, d’expérience ou d’intuition, nous partageons tous cette conviction, les mécanismes de création de la confiance restent énigmatiques et peu maîtrisables : la confiance, qu’est-ce que c’est ? comment la créer ? A quelle rationalité obéit-elle ?
Analyser la confiance, c’est aborder l’un des aspects les plus délicat du fonctionnement d’une communauté.
La littérature sur le sujet est abondante et les définitions très diverses et variées, par exemple :
La perspective rationnelle se définit comme « une attente sur les motivations d’autrui à agir conformément à ce qui était prévu dans une situation donnée ». Elle considère l’individu comme un acteur rationnel, prévisible, et sa rationalité est confortée par le fait que ses choix et ses actes sont gagnants, utiles. Cette définition de la confiance, largement présente dans le monde professionnel, a des avantages et des limites.
La théorie de la rationalité en économie voudrait que les choix individuels s’appuient sur des raisonnements utilitaires :
Dans la vraie vie, cette rationalité n’existe pas ! En effectuant leurs choix les hommes n’obéissent pas aux lois bayésiennes de la décision :
La perspective sociale considère qu’un individu n’est pas évalué uniquement par ses résultats mais aussi en tant qu’acteur social ; il peut conforter les prévisions ou de les décevoir, à condition qu’il le fasse dans le respect de ses obligations morales et d’un certain nombre de codes.
Comme nous le constatons, le champ d’investigation est immense, mais on peut singulièrement le réduire si l’on accepte l’hypothèse d’une confiance limitée au domaine d’interaction ; je m’explique : lorsqu’on fait confiance à une autre personne, ce n’est pas dans l’absolu, c’est dans un domaine précis, qui est le champ d’interaction prévu ; ainsi une jeune adolescente qui accepte de sortir au cinéma avec son ami lui fait confiance par rapport à un certain nombre de critères ; ces critères ne sont pas les mêmes que ceux qui dicteront le choix du futur directeur général d’une firme internationale, ou encore d’un guide de haute montagne.
Nous nous limiterons ici à une analyse de la confiance dans un environnement professionnel (même si cette limite ne supprime pas complètement les facteurs affectifs et moraux, loin s’en faut), et principalement dans le champ de l’action collective au sein d’une communauté : travail en équipe, partage de connaissance, mutualisation de compétence, décision collective, process…
Si l’on prend soin de distinguer la confiance de l’affinité, alors on devine que, dans un groupe de travail ou une équipe, la confiance est en forte interaction avec la compétence : chaque membre fait confiance à un individu pour sa capacité à…
Alors la question devient : « comment créer dans une équipe les conditions de la confiance mutuelle ? »
L’approche de la compétence que propose R. Wittorski[3] nous renseigne sur le processus de création de confiance au sein d’un groupe ; selon lui, la compétence s’élabore à partir de cinq composantes :
La composante cognitive : elle est constituée de deux éléments : les représentations et les théories implicites (paradigmes) ; on distingue les représentations cognitives (savoirs et schèmes d’interprétation) et les représentations actives (construction par l’auteur du sens de la situation).
Nous opterons pour une approche mixte, à la fois rationnelle, sociale et affective de la confiance, c’est à dire l’ensemble des facteurs permettant la collaboration entre les membres d’une équipe, basées sur le respect mutuel, l’intégrité, l’empathie, la fiabilité. Les cinq composantes citées ci-dessus sont à la fois l’image de soi même, et l’image de soi vu à travers le regard des autres. Le groupe agit comme un miroir grossissant ; en psychologie, on appelle cela l’effet Pygmalion : "La prédiction faite par un individu A sur un individu B finit par se réaliser par un processus subtil et parfois inattendu de modification du comportement réel de B sous la pression des attentes implicites de A".
Il s’agit d’un mécanisme amplificateur en boucle : un jugement négatif de A casse la confiance de B en lui même, ce qui se voit et a pour effet de renforcer A dans son jugement négatif initial[4].
Au cours de nos missions de Knowledge Management, nous avons pu interroger un certain nombre de professionnels de tous niveaux sur la question : « qu’est-ce qui favorise (ou empêche) le partage de connaissance dans un groupe de travail ? » Tous ont spontanément insisté sur le caractère primordial de la confiance dans une équipe et ils ont précisé les facteurs susceptibles de la créer :
J’accepte de donner mes idées, mon ingéniosité, mon expérience au groupe, mais j’attends que les autres membres en fassent autant ; chacun veille à respecter un équilibre en faveur d’une performance collective. Ce mécanisme de surveillance exclut le « passager clandestin », c’est à dire celui qui à l’intention de recueillir les fruits du travail du groupe sans y avoir vraiment contribué.
J’accepte de donner une bonne idée à mon entreprise, et de voir cette dernière transformée en une innovation majeure ; mais je ne tolèrerais jamais de voir l’idée signée du nom de mon chef à la place du mien. Il s’agit d’un fort besoin de reconnaissance de la contribution d’un individu au sein d’un groupe.
L’erreur est la première source d’apprentissage ; à condition d’avoir un feed-back du système.
L’enfant apprend par un processus répétitif de type essai-erreur-conséquence :
Dans un groupe, l’erreur doit être admise, c’est un signe très fort de la confiance et du fonctionnement effectif du groupe. En revanche on ne devrait jamais laisser quelqu’un la dissimuler.
Une connaissance strictement personnelle ne peut être partagée que par l’utilisation d’un code et d’une syntaxe connue d’un groupe social, qu’il soit verbal ou non verbal, alphabétique ou symbolique, technique ou politique En faisant partie de la mémoire collective, le langage fournit à chaque individu des possibilités de son propre développement tout en exerçant un fort contrôle social sur lui. Ainsi, le langage est à la fois individuel, communicationnel et communautaire.
Mais ce n’est pas tant un problème de traduction que de sens : dans une conversation, deux interlocuteurs peuvent arriver à partager des mêmes points-de-vue s’ils établissent un processus de coopération : écoute active, participation, questionnement, adaptation sémantique, feed-back, reformulation. En effet, si le mot, comme symbole collectif, appartient à la communauté linguistique et sémantique, le sens qu’il recouvre est purement individuel car il est intimement lié à l’expérience et à l’environnement cognitif dans lequel se place l’individu.
Les auteurs et nos expériences s’accordent sur la nature incrémentale du processus de construction de la confiance ; dans certains domaines commerciaux, par exemple, on dit « il faut 10 ans pour gagner la confiance d’un client, et 10 minutes pour la perdre ! ».
Cette notion est largement étayée par le modèle de Tuckman qui voit quatre état chronologiques (ontologiques) majeurs dans le développement d’un groupe : formation, turbulence, normalisation, performance[5].
La confiance se construit, puis se maintient ; alors qu’il est difficile de distinguer un processus standard de construction de la confiance, en revanche, il semble qu’un modèle en 5 composantes puisse rendre compte de son maintien : instantanée, calculée, prédictive, résultat, maintien.
A l’instant même de la rencontre, un individu accorde à l’autre un « crédit de confiance » ; c’est un processus instantané mais limité, peu fondé ni étayé, donc fragile, sous haute surveillance ; une sorte de confiance sous caution. C’est ce qui permet à des gens qui sont parachutés dans des groupes temporaires de pouvoir travailler ensemble, par exemple dans les équipes de théâtre ou de production cinématographique, dans les équipages d’avion, dans les staffs médicaux, etc.
Cette confiance se base principalement sur deux facteurs :
Ce type d’équipe se met très vite au travail et devient performant sans passer par les longues et progressives étapes de maturation.
Cette étape est franchie lorsque les acteurs attendent qu’une collaboration apporte un certain bénéfice. La confiance trouve alors sa source dans la conformité ou non de l’exécution d’une tâche collaborative particulière ; par exemple, la confiance d’un client dans une entreprise générale qui construit sa maison peut être assortie de mécanismes de contrôle et de clauses de pénalités de façon à maîtriser des dérives ou des comportements opportunistes.
L’une des façons de créer un climat de confiance est de mettre en place des procédures, comme la définition des rôles et responsabilités, des mécanismes de reporting, etc.
Dans le process prédictif, la confiance est largement basée sur le fait que les acteurs se connaissent bien : ils se basent sur le comportement passé pour prédire le comportement à venir. Les acteurs qui n’ont pas la possibilité d’avoir des relations ou expériences communes réclameront des séances d’entraînement, des réunions ou d’autres dispositifs leur permettant de mieux se connaître.
Dans ce mécanisme, la confiance est basée sur la performance de l’autre. Au départ, cette confiance dépend des succès passés ; elle sera encore renforcée si l’autre accomplit sa tâche avec succès, et rompue si des problèmes sont rencontrés. Ce mécanisme est particulièrement important dans les communautés virtuelles où les acteurs ne se connaissent pas, ne peuvent pas voir comment les autres travaillent ; ils ne peuvent juger que sur le résultat : délai, qualité des produits
Finalement la confiance intensive suppose que les deux parties identifient et acceptant les objectifs, finalités et valeurs de l’autre.
Le texte ci-dessous est le résultat d’une expérience menée avec quatre groupes d’étudiants devant effectuer une travail commun à distance en utilisant des outils de groupware et de visioconférence.
L’expérience a montré que la confiance jouait un rôle primordial dans la qualité du travail collaboratif et que l’usage d’un outil présentait de nombreux risques de sérieusement l’entamer, voire la détruire. Un certain nombre de comportements ont été révélés comme porteurs de danger :
Bien entendu on se doute que ce genre de comportement n’est pas fait pour améliorer la confiance, mais il se trouve que l’usage d’un outil les rend davantage possibles qu’une interaction physique. En effet, dans une conversation face-à-face, il se produit des sortes de micro-boucles qui ont la vertu de désamorcer des conflits par une meilleure compréhension des points-de-vue de chacun. La plupart des crises sociales sont des crises du langage et du sens.
Le tableau ci-dessous résume les facteurs qui renforcent ou au contraire diminuent l’établissement de la confiance dans une communauté.
La confiance est renforcée quand :
La confiance est affaiblie quand :
Ces facteurs contribuent à une performance du groupe élevée ou faible, qui elle-même contribue par une boucle de retour à la motivation des acteurs pour coopérer. On peut parler d’une véritable spirale de la confiance.
A partir des différents éléments cités ci-dessus, on peut donc évoquer un processus cumulatif, une sorte de spirale, qui peut être positive ou négative :
En sens opposé, on peut vite imaginer comment se crée un « processus contre-productif » où la dimension sociale d’un groupe joue dans le sens contraire de la compétence individuelle et finit par démotiver complètement la personne. En d’autres termes, si on oppose une personne compétente à un système déficient, le système gagne à tous les coups.
Dans cet esprit, une étude nord-américaine a démontré que la compétence individuelle n’intervenait qu’en sixième position comme facteur de performance collective ; les spécifications des produits, le système organisationnel, les feed-back du système aux actions étant des préalables à l’efficacité collective :
Cela tend à montrer que les dispositifs de formation professionnelle sont certes nécessaires, mais qu’il peuvent être très dispendieux s’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche globale, incluant une refonte des organisations (modes de fonctionnement de l’équipe, management), du système d’évaluation et de reconnaissance (objectifs, réalisation, évaluation de la performance), des processus (modélisation des tâches et des compétences), des spécifications produits.
Revenons à nos équipes virtuelles ; il semblerait qu’un certain nombre de conventions ou protocole favorisent l’établissement d’un niveau de confiance suffisant pour un travail collaboratif efficace. Ces conventions se regroupent en cinq catégories :
Ce qui est important dans cette énumération de facteurs, c’est qu’ils n’ont pas tous la même importance par rapport au processus cumulatif de construction de la confiance :
Une fois admis que la subjectivité, l’affectif, l’émotion, gouverne nos représentations individuelles, on conçoit que le processus de construction collective d’une représentation passe nécessairement par une étape de mise en commun des perceptions, de confrontation, de négociation et de délibération de ces différentes subjectivités. Ce processus nécessite des qualités humaines d’empathie, de « reliance »[6] davantage que des capacités d’analyse.
En ce sens, l’organisation n’est pas tant un système de « traitement de l’information » mais bien de « création de connaissance collective ». C’est là que réside l’enjeu humain du Knowledge Management.
Partant de ces considérations sur la nature de la connaissance, profondément engrammée dans l’individu en tant que sujet, on peut en déduire qu’on ne manage pas la connaissance, comme on manage un objet ; le terme Knowledge Management, que j’utilise volontiers, est en fait un abus de langage ; tout au plus peut on manager les conditions dans lesquelles la connaissance peut se créer, se formaliser, s’échanger, se valider, etc. Les anglo-saxons parleraient de knowledge enabling.
Cela permet également d’introduire une précision fondamentale : le management de la connaissance collective est avant tout une problématique de flux ; ce qui est important c’est de manager les transitions entre tous les états de la connaissance : tacite, implicite, explicite, individuel, collectif, etc. Tous les outils du KM (socialisation, formalisation, médiatisation, pédagogie) doivent se focaliser sur l’optimisation de ces flux de transition.
[1] Crédit photo : Notsogoodphotography - CC by (Creative Commmons By)
[2] « Un mort c’est un drame, dix morts c’est un accident, mille morts c’est une statistique »
[3] R. Wittorski, De la fabrication des compétences, Education permanente, n°135, 1998-2
[4] Alain, dans Dieux déguisés, nous décrit magnifiquement l’effet Pygmalion : « J’ai souvent constaté, avec les enfants et avec les hommes aussi, que la nature humaine se façonne aisément d’après les jugements d’autrui, …Si vous marquez un galérien, vous lui donnez une sorte de droit sauvage. Dans les relations humaines, cela mène fort loin, le jugement appelant sa preuve, et la preuve fortifiant le jugement… La misanthropie ne mène à rien. Si vous vous défiez, vous serez volé. Si vous méprisez, vous serez haï. Les hommes se hâtent de ressembler au portrait que vous vous faites d’eux. Au reste essayez d’élever un enfant d’après l’idée, mille fois répétée à lui, qu’il est stupide et méchant; il sera tel… »
[5] Les termes originaux de Tuckman forming, storming, norming, performing sont assez difficiles à traduire. Beaucoup d’auteurs français traduisent notamment Storming par conflit ; je pense que, dans le mot anglais storming, comme par exemple dans brainstorming, il y a une connotation de chaos créatif, de nécessité de passer d’un état à un autre ; l’adolescence pourrait être une bonne métaphore. De même « Performing » doit être compris au sens de la « représentation d’un orchestre » où l’on entend une pâte musicale unique, au sein de laquelle il est impossible de dissocier un instrument.
[6] Le mot est d’Edgar Morin