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ZitrouilleAprès un premier article sur les raisons de préférer Gimp à Photoshop, en voici un dans lequel nous allons reprendre les arguments en faveur de Photoshop et les analyser. Je m'intéresse ici essentiellement à la retouche photo.
Windows est aussi une référence et équipe plus de 90% des ordinateurs personnels dans le monde; pourquoi s'embêter avec OSX, Linux ou xBSD ? La suite bureautique Microsoft Office est aussi une référence; pourquoi s'embêter avec OpenOffice ? A ce compte là, je suggère que nous ayons tous les mêmes vêtements, la même voiture, la même maison, ...
"Quand on est photographe pro ou passionné, si on a les moyens d'acheter des boitiers et des objectifs, on a les moyens de se payer une licence Photoshop !"
Sauf que les pros et passionnés que je connais sont tous désireux de faire des économies. Ils préfèrent mettre 1000 € dans un bon objectif qu'ils peuvent espérer garder plusieurs dizaines d'années (la monture F de Nikon a 50 ans, le système EOS de Canon a 20 ans). Le cas échéant, ils peuvent revendre cet objectif un bon prix alors que la licence d'un logiciel comme Photoshop sera obsolète et quasi invendable 2 ans après son achat.
Cela s'appelle du piratage et c'est sans doute la plus mauvaise des raisons de préférer Photoshop à Gimp.
"Quand on fait de la retouche d'image, on sait qu'on a besoin de ressources donc on achète la machine en conséquence !".
Si à chaque fois que je change d'appareil photo, je doit prendre en compte le coût de la licence plus le coût de l'ordinateur pour faire fonctionner le logiciel, l'addition risque d'être vraiment salée ! Encore une fois, les photographes que je connais préfèrent acheter du matériel pour prendre des photos plutôt qu'un nouvel ordinateur pour retoucher les photos.
Oui ... et ? Mon appareil photo ne produit pas d'images en CMYK. A ma connaissance, aucun appareil photo n'en produit, pas même les moyens formats de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Comme l'indique fort judicieusement Calcyum dans un article récent, le CMYK est indispensable lorsqu'on travaille avec un imprimeur, mais la perte des couleurs dû à la conversion est irrécupérable. Il est préférable de travailler et de conserver ses images en RVB et de ne les convertir vers le CMYK qu'au moment de l'envoie de l'image à l'imprimeur. Gimp possède un plugin qui se charge de cette conversion. Pour contrôler pendant le travail de retouche que nous ne dépassons pas les limites du CMYK, nous pouvons utiliser le soft-proofing
Le mode Lab est effectivement très utile pour la retouche d'image. Concrètement, à quoi sert-il ? A 2 choses :
Avoir 16 bits par canal est important lorsqu'on fait des corrections "musclées" sur une image. Cependant, il faut aussi que les données d'origine aient un nombre de bits par canal suffisant pour bénéficier pleinement de cette précision. Exit donc, les fichiers jpeg, tiff 8bits ou png 8bits.
Concrètement, quand a-t-on vraiment besoin de cette précision ? Essentiellement avec les outils comme "Courbe", "Niveau" et certains filtres comme les filtres de flou. Les corrections avec les outils "Courbe" et "Niveau" peuvent être faites en amont, dans le logiciel de traitement RAW qui travaille sur 16 bits par canal.
Pour ceux qui ont besoin d'avoir une grande précision pour corriger localement une image, ils peuvent utiliser Cinepaint. Il gère même les images sur 32 bits par canal. Il y a aussi Krita qui travaille sur 16 bits. Ce dernier est encore un peu lent à mon goût, la prochaine version devrait améliorer ce point ... et peut-être commencer à faire de l'ombre à Gimp.
Oui ... et ? Quand je change d'appareil photo et qu'il n'est pas supporté par la version de Photoshop que j'ai, je suis obligé d'acheter la mise à jour ... pour pouvoir continuer à faire la même chose ! Avec Gimp sur Linux, je vais certes passer par un autre logiciel pour traiter mon fichier RAW mais mon système est à jour sans avoir à payer. Ensuite, je connais des photographes qui ne se passent pas de Capture NX, d'autres de DXO, d'autres encore de Aperture pour traiter leurs fichiers RAW et ensuite retoucher les images dans Photoshop.
Oui ... et ? Comment se fait-il que de nombreux photographes ne jurent que par Photomatix pour ce type de traitement et non Photoshop ? Dans le monde Libre, nous avons QTpfsgui et surtout Enfuse qui donne d'excellents résultats pour ce type de traitement.
Ce sont effectivement des outils très pratiques pour pouvoir revenir sur un réglage trop poussé. Maintenant, je connais des photographes chevronnés qui retouchent leurs photos avec Photoshop sans utiliser ces outils car "ils savent ce qu'ils font". De plus, une fois qu'ils ont fini leur traitement, ils n'ont pas besoins d'y revenir.
A titre personnel, si Gimp pouvait avoir ce genre de fonction, j'en serais ravi. Cependant, j'ai appris à faire sans et je ne me sens pas limité pour autant.
Je pense que les utilisateurs de Gimp ne devraient pas se sentir complexés par rapport à Photoshop. Montrons de quoi il est capable ! Montrons à quel point ce logiciel est puissant quand on veut bien se donner la peine de l'utiliser ! Si aujourd'hui les gens sourient lorsque j'évoque les logiciels libres, personne ne m'a jamais dit que mes photos seraient meilleurs retouchées avec Photoshop sous Windows/OSX plutôt qu'avec Gimp sous Linux.
J’ai testé il y a quelques temps le filesystem lessfs (site officiel du projet). C’est un filesystem très simple à mettre en place, de type Fuse (donc en user space) qui permet de monter un espace de dé-duplication à la volée. Cette fonctionnalité permet de gagner une place considérable lorsque l’on a des données qui se ressemble fortement.
Elle est complémentaire de la compression. Là où vous aller gagner sur un fichier avec la compression, si vous en avez deux, vous aller stocker deux fois la taille compressée. Avec une passe de dé-duplication avant, vous n’aurez qu’une fois chaque bloc, puis vous pouvez compresser ce qui reste.
Les blocs justement. Dans lessfs, ce sont des blocs de taille fixe. Donc on applique un algorithme très simple :
Simple. Efficace? Pas si sûr. Bien entendu, si vous faites une copie d’un fichier, celle-ci ne va quasiment rien vous coûter. Mais faire des copies intactes de vos fichiers arrive parfois avec des sauvegardes, et encore…
Si l’on veut être plus efficace, il faut faire une recherche dans les données d’un bloc déjà vu. Mais là où avant on cherchait avec un début de bloc tous les 4Ko, là on cherche pour tous les octets. En effet, si vos blocs ne sont pas parfaitement alignés, vous ne reconnaîtrez pas votre bloc, car il a pris un simple offset de quelques octets!
Bien sûr, ce genre de recherche est bien plus couteux en terme de CPU, 4K calculs fois plus. (En fait u peu moins, dès que vous raccrochez un wagon de blocs déjà connu, un seul calcul suffit).
Un exemple?
J’ai codé rapidement un petit script en Python qui réalise ces deux types de dé-duplications :
Voici les résultats sur un répertoire plein de fichiers de type office and co:
****** Stats Varible: Deplicated 342756761/465877423 = 73.00% Dedup+compress 426510002 =91.00%
****** Stats Fix: Deplicated 59596755/465877423 = 12.00% Dedup+compress 68349038 =14.00%
On a donc 73% de gain avec des tailles de blocs variables, 91% si on les compresse par dessus. La méthode fixe bourrine n’arrive elle qu’à un faible 12%.
Bon bah il faut demander à lessfs d’appliquer cet algo? Pas si simple, de un c’est ultra consommateur en CPU, donc il faut le faire en post-process, pas à la volée. Et surtout l’algo utilisé semble avoir été breveté par EMC… Et après ça qu’on vienne encore me sortir que les brevets sont fait pour protéger l’innovation…. l’investissement oui, l’innovation non…
Pour ceux qui ont la chance de ne pas habiter dans ce merveilleux pays des brevets logiciels, vous pouvez tester le script là.
Bonjour,
Voici le programme des débats sur notre plateau la semaine prochaine sur Solution Linux / Open Source.
9h30 - "Communautés open source : Les mythes et les réalités" avec Cédric Thomas, OW2 et Tristan Nitot, Mozilla
10h - "Bonnes pratiques : le rôle du logiciel libre dans l’amélioration des méthodes de travail" avec Fabrice POTENCIER, Sensio Labs Alexis Monville, April
10h30 - "Business Intelligence : entre open source et offres commerciales, comment se positionner" avec Thierry DUPIOT, Jedox Stefano Scamuzzo, SpagoBI
12h15 - "CRM : n’y a-t-il vraiment qu’une seule offre sur le marché open source ?" SugarCRM
13h - "Messagerie, collaboratif... le point sur les solutions" avec Mickaël REMOND, ProcessOne , Stijn MEYSEN, Zarafa
13h30 -" Forks, affaire MySQL... quel impact sur la perception de l’open source par les entreprises ?" avec Olivier DASINI, représentant du MUG.fr DBA Virgin Mobile
15h15 - "Les modèles économiques du logiciel libre : explication de texte" avec François Elie, Adullact et Philippe Montarges, Alterway
15h45 - "Gouvernance : Les enjeux de l'utilisation de l'open source en entreprise" avec Boris AUCHE, Bull et Miguel Valdés Faura, Bonitasoft
16h15 - "ERP : comment convaincre une direction générale d’aller vers l’open source" avec Jérome NICOLLE et Badr Chentouf -de Smile
16h45 - "Interopérabilité : tout le monde en parle, sans forcément en comprendre les dessous " Gaël Blondelle, Petals Link et Bertrand CARON, AVENCALL.
9h30 - "Cloud Computing et open source, quels sont les points de convergence" avec Philippe HUMEAU, NBS System et Nicolas Barcet, Canonical
10h - "Faire le point sur la virtualisation et les offres associées" avec Benoit de Ligneris, Révolution Linux et Thomas Debru, UShareSoft CEO
10h30 - "SSLL et SSII : quelles sont les différences ? Comment choisir sa SSLL ?" avec Sébastien LUCAS, Oxalide et Benjamin SAAL, OpenBI
10h45 - "Sécuriser le patrimoine informatique avec du logiciel libre, est-ce crédible ?" avec Hervé SCHAUER, HSC et Eric LEBLOND, EdenWall Technologies
12h15 - " Microsoft est-il encore le « grand opposant » au logiciel libre ?" avec Alfonso Castro, Microsoft et Jean-Pierre Laisne begin_of_the_skype_highlighting end_of_the_skype_highlighting , OW2 - Bull
A bientôt, Jonathan
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Vous vous souvenez sans doute de la campagne Nationale lancée par le gouvernement Français contre les TMS (ou LATR, lésions articulaires dues au travail répétitif, au Québec ou RSI, repetitive strain injury chez les Anglophones ) l’année dernière sur nos médias (« TMS, parlons-en pour les faire reculer »).
La répétition de mêmes mouvements pendant plusieurs heures, la monotonie d’une tache, la mauvaise position du corps, le travail sous pression font partie de ces facteurs qui peuvent engendrer des troubles musculosquelettiques.
Ces troubles se situent principalement au niveau du poignet, de l’épaule, du coude et du dos.
Les tendinites, le syndrome du canal carpien, la sciatique par hernie discale, … sont des TMS.
Beaucoup d’entre nous passent plusieurs heures par jour devant leur(s) écran(s) et oublient de prendre des pauses, ce qui à la longue peut entraîner des micro-traumatismes répétés.
Heureusement Workrave est là pour nous rappeler à l’ordre en nous remettre dans le droit chemin en nous proposant des pauses régulières accompagnées d’exercices anti-TMS pour les yeux, le dos, les épaules et pour aider à prévenir les maux de dos, les maux de tête et les douleurs du canal carpien.
Workrave dispose également d’un outil de statistiques vous permettant d’analyser le temps passé sur l’ordinateur…
… l’utilisation de la souris (mesure des distances), le nombre de clics, le nombre de frappes sur le clavier…
Plus vous travaillez longtemps, plus la jauge de progression se remplit et, lorsqu’elle est pleine, Workrave affiche une fenêtre (sans bordure) vous proposant de faire une pose. Cette fenêtre reste présente durant 30 secondes puis, si vous l’ignorez, disparait pour revenir 2 minutes après jusqu’à ce que vous acceptiez enfin de faire cette indispensable pause.
Cette application étant disponible dans les dépôts Ubuntu, il suffit pour l’installer d’ouvrir un terminal et d’y recopier la ligne suivante :
sudo apt-get install workrave
Pour lancer Workrave, il vous suffit d’aller dans Applications > Accès Universel > Workrave.
Pour les autres distributions Linux, il vous suffira d’aller chercher l’archive sur la page de téléchargement de Workrave (Il y a même la version .exe pour Windows mais à priori pas de .dmg pour Mac).
Un applet Workrave fonctionnant tant sous KDE que sous Gnome est visible dans zone de notification.
Vous pouvez bien sûr développer cet applet
Et paramétrer les temps et les intervalles des pauses
Pour bénéficier au mieux des bienfaits de cette thérapie, je vous invite a lancer Workrave automatiquement au démarrage de votre ordinateur. Pour ce faire, allez dans Système > Préférences > Applications au démarrage, cliquez sur ajouter et complétez comme ci-dessous :
Enfin, pour les vrais accros qui naviguent d’un poste à un autre, Workrave sait fonctionner en réseau pour surveiller votre activité quelque soit le poste utilisé.
Amusez-vous bien et… faites une pause.
Liens : Site Officiel
Voici un mois (à un ou deux jours près) que je quittais ma précédente distribution restée 9 mois sur mon disque dur au profit de la Frugalware.
J’ai donc pensé qu’il serait bien de faire un petit bilan de ce premier mois d’utilisation. Après un premier départ « avorté », j’ai fini par me faire une version personnalisée – autant que cela est possible – de la Frugalware en me l’installant à la « Archlinux ».
Bref, après cette installation personnalisée, et mis à part une période de vide intégral coté mises à jour – à cause de la gelure du code pour la sortie de la Frugalware 1.2 (alias Locris), j’avoue que je suis agréablement surpris par la distribution.
Même si la communauté est moins importante que celle de ma précédente distribution, elle n’en est pas moins dynamique. Evidemment, le fou-furieux que j’étais dans ma vie antérieure est parfois un peu frustré par l’arrivée un peu plus lente des nouvelles versions de logiciels. Mais on ne peut pas avoir à la fois le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière.
Malgré une mise à jour un peu laborieuse de gstreamer, ce n’est pour le moment que du plaisir, même, et je l’avoue de manière un peu honteuse, je me suis créé une machine virtuelle qemu avec une archlinux dedans, histoire de ne pas trop perdre la main
Donc coté positif :
Et coté négatif :
Maintenant, à chacun de voir si ce genre de distribution linux peut lui convenir ou pas.

Concurrent de roundcube ?
Uebimiau est un webmail codé en php et inconnu au bataillon... essayez le on sait jamais 
Site Officiel : http://www.uebimiau.org/
Téléchargement :
Rendez vous à cette url : http://www.uebimiau.org/download.php
cd /var/www/html/ wget http://www.uebimiau.org/downloads/uebimiau-2.7.11-any.zip unzip uebimiau-2.7.11-any.zip chown -R user-apache: uebimiau*
Configuration :
Pas si simple que prévu....
Editez le fichier : inc/config.php
$temporary_directory = "/tmp/webmail"; [..] ############################ # TYPE: ONE-FOR-ALL # the default mail server for all domains ############################ $default_mail_server = "localhost"; $one_for_all_login_type = "%user%@%domain%"; $default_protocol = "imap"; $default_port = "143"; $default_folder_prefix = "";
Voila votre super nouveau webmail.
Bon si il y a des gens motivés pour changer les icons qui me font pensez à un OS bien connu (malheureusement...) et trouver comment faire apparaître le menu habituel et logique de gauche qui affiche les dossiers classiques tel que Boite de réception Élément Envoyés Corbeille Brouillon etc...
A mon sens il manque pas grand chose pour que ce webmail puisse être apprécier.
Alors ? concurrent du Grand Roundcube ? non....
Ubuntu a récemment révélé sa nouvelle charte graphique et son nouveau logo. Petit rappel en images pour ceux qui auraient loupé l’annonce.
Aujourd’hui ont été rendues disponibles les slides proposées pour être incluses durant phase d’installation d’Ubuntu « Lucid Lynx » ; elles peuvent être prévisualisées en ligne.

Ces slides, qui sont affichées pendant l’installation d’Ubuntu sur votre disque dur, ont été redessinées pour être adaptées au look de la future version d’Ubuntu (la nouvelle police devrait être reprise, cf cette capture d’écran). Elle permettent d’introduire succinctement aux nouveaux utilisateurs les applications clés.
Personnellement, j’apprécie l’orientation graphique prise par Canonical, d’apparence plus professionnelle et soignée. Mais au delà du look marron ou violet d’Ubuntu, le débat de fond se situe selon moi d’avantage dans les choix stratégiques de Canonical, tels que l’intégration de Mono par défaut, le serveur propriétaire d’Ubuntu One ou encore l’enquête sur les applications manquantes dans Ubuntu…
Une distribution LTS attendue avec impatience !
Dropbox est un logiciel qui synchronise vos fichiers, en ligne et sur votre ordinateur. Pour parler simplement, c’est l’un des meilleurs logiciel de synchronisation de fichiers en ligne que je connaisse. En plus il est disponible pour linux (et accessoirement un .deb existe pour ubuntu sur le site officiel : dropbox.com) Je ne vais pas ici vous venter les mérites de DropBox, d’autre l’on déjà fait avant moi. Je veux vous parler de My PHP DropBox Gallery qui permet de générer très facilement une galerie photos à partir de votre DropBox.
A noter que My PHP DropBox Gallery est distribué librement. Pensez à faire un don au gentil développeur si vous aimez cette galerie
Télécharger la dernière version ici : http://2boandco.com
C’est non seulement une habitude mais l’une des nombreuses originalités de la célèbre distribution GNU/Linux : tous les six mois Ubuntu sort sa nouvelle version, qui, faisant de plus en plus d’adeptes, est logiquement de plus en plus attendue.
La prochaine version 10.04 LTS[1] se prénomme Lucid Lynx et est prévue pour le mois prochain. Elle promet beaucoup. Mais elle promet aussi d’être l’amie des trolls ;-)
Il faut dire que lorsque l’on occupe la place enviée et reconnue qui est la sienne dans la communauté (notoriété grand public incluse), on s’expose inévitablement à des critiques. Mais il faut également reconnaître qu’un certain nombre d’annonces récentes ont pu parfois jeter le trouble, en particulier chez ceux qui sont moins attachés à l’open source qu’au logiciel libre.
De là à craindre que Canonical, la société créée par Mark Shuttleworth pour développer et soutenir Ubuntu, se transforme en une sorte de nouveau Microsoft, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons certainement pas.
Se contentant de lister quelque éléments selon lui sujets à caution, c’est un pas que n’a cependant pas hésité à franchir un dénommé Alan Lord sur son blog, dans un court et lapidaire billet intitulé explicitement Is Canonical Becoming The New Microsoft?[2].
Et cela n’a évidemment pas loupé, le billet a généré très rapidement une centaine de commentaires divers et variés, nécessairement orientés par ce titre choc.
Le journaliste Sam Varghese a alors jugé bon de contacter Mark Shuttleworth pour avoir son avis dans un article publié sur le site iTWire que vous proposons traduit ci-dessous[3].
PS : Notons que dans l’intervalle, Ubuntu a également révélé sa nouvelle charte graphique et son nouveau logo (ci-dessus). Personnellement j’aime bien, même si je note la disparition apparente du slogan « Linux for Human Beings », qui était peut-être maladroit mais avait le mérite d’évoquer Linux. La confusion entre les deux ou l’aspiration de l’un par l’autre risquent de se faire plus grande encore.
I’m not driven by Microsoft hatred: Shuttleworth
Sam Varghese - 15 février 2010 - iTWire
(Traduction Framalang : Don Rico et Simon Descarpentries)
Mark Shuttleworth, fondateur et directeur général de la société Canonical, déclare que s’il a créé sa distribution GNU/Linux Ubuntu, ce n’est en aucun cas par animosité envers Microsoft.
Il a répondu aux questions d’ITWire concernant un récent billet de blog dont l’auteur accusait Canonical de devenir le nouveau Microsoft.
« J’admire plusieurs des accomplissements de Microsoft. J’estime qu’il est tout aussi détestable de diaboliser les employés d’une entreprise que des gens pour leur couleur de peau, leur nationalité ou toute autre particularité » explique Shuttleworth.
« Microsoft se livre toutefois à d’inacceptables abus de position dominante, et je suis fier qu’Ubuntu offre au monde un réel choix entre la servitude continue et la liberté utile, sûre et authentique. »
« Cela dit, mon rôle n’est pas de punir Microsoft, ni de les haïr ; je suis là pour proposer une meilleure voie, si je le peux. Ce sera dur, mais nous le pouvons. Et, dans les cas où nous partageons une cause commune, je travaille volontiers avec Microsoft. Il est possible que ce soit difficile à concevoir pour ceux qui pensent que la vie est plus facile à appréhender si on a un ennemi pour justifier sa cause, mais à mon sens ce comportement conduit au sectarisme, nuit aux résultats et nous empêche de corriger les erreurs du passé. »
Dans son billet, l’auteur énumérait les raisons pour lesquelles Ubuntu devenait d’après lui le nouveau Microsoft : l’intégration de Mono par défaut, la création d’Ubuntu One (un outil propriétaire de stockage en ligne), le retrait de GIMP et d’autres logiciels de la distribution, le passage à Yahoo! comme moteur de recherche par défaut, une enquête visant à savoir quelles applications propriétaires devaient être incluses dans les dépôts d’Ubuntu, et enfin, la nomination de Matt Asay au poste de PDG.
Sans entrer dans les détails concernant chacun de ces points, Shuttleworth indique cependant que « toutes les questions abordées dans le billet que vous mentionnez ont été consciencieusement débattues sur des forums publics. Les gens de chez Canonical et les animateurs de la communauté Ubuntu y ont, je crois, présenté nos intentions sans faux-semblant. »
« Chacune de nos décisions affectant nos utilisateurs auront leurs détracteurs et leur partisans, » a-t-il ajouté, « mais c’est notre volonté de maintenir le cap face au changement qui confère à notre plateforme son dynamisme et sa pertinence, et nous ne nous soustrairons pas à cette responsabilité. »
Shuttleworth explique que son objectif personnel, ainsi que celui de tous ses collaborateurs chez Canonical, est d’apporter les avantages du logiciel libre au plus grand nombre. « C’est ce qui est au cœur de notre motivation, et à maintes reprises nous avons dû employer des chemins détournés pour rester cohérents avec ce principe. »
Il précise que la grande majorité du travail produit par Canonical est mis à la disposition de tous sous licence libre. « Y compris des éléments de nature éminemment stratégique, tel que Launchpad, qui est publié sous une licence compatible avec les réflexions les plus récentes concernant les services internet libres. Nos réalisations propriétaires n’impliquent jamais qu’il faille installer des outils fermés de Canonical dans Ubuntu, se limitent à des services réseau, permettent de promouvoir tout le reste, et restent totalement optionnelles pour les utilisateurs d’Ubuntu. C’est une pratique que l’on retrouve sur d’autres plateformes. »
En conclusion, Mark Shuttleworth affirme être très fier de ce qu’apporte Canonical à la communauté du logiciel libre. « Si nous rencontrons autant de succès que je le souhaite, alors le monde aura pour la première fois une plateforme de qualité professionnelle disponible gratuitement pour tous. Ce qui n’est pas le cas avec les acteurs dominants du marché Linux. Je me consacre corps et âme à ce but, et j’apprécie énormément de partager cette cause avec des milliers d’autres au sein de la communauté Ubuntu. »
« Travailler en partenariat avec Yahoo! n’a jamais, à ma connaissance, induit la moindre négociation avec Microsoft. Et nous n’accepterons pas les conditions de Microsoft en matière de licence de propriété intellectuelle, comme le fit Novell. En revanche, si nous pouvons collaborer de façon constructive avec Microsoft, Oracle ou IBM, lesquels incluent une grande quantité de code propriétaire dans leurs produits, il est certain que nous nous engagerons de façon ouverte et de bonne foi. Je suis convaincu que nous le ferons avec le soutien sans faille des responsables de la communauté Ubuntu. »
[1] Une version LTS (pour « Long Term Support ») garantit aux utilisateurs, constructeurs et assembleurs, une maintenance et un suivi sur plusieurs années.
[2] On notera qu’Alan Lord a fait depuis amende honorable.
[3] Edit : Alan Lord est intervenu dans les commentaires ci-dessous, en nous signalant notamment la mise au point suivante concernant l’article du journaliste : Sam Varghese Got It Wrong?.